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La loi du marché


 

Cinéma

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Après le déchaînement de fric jeté par la fenêtre par le couple cramé du bulbe de Maïwenn (Mon Roi), on glisse à un autre endroit de la sociologie hexagonale, du côté du prolo en souffrance, du chômeur malmené par une administration impuissante, des banques perverses, des employeurs méchants. La Loi du marché imagine Vincent Lindon dans la peau de Thierry, la cinquantaine, sans emploi après un licenciement, père d’un ado handicapé. Le cinéaste Stéphane Brizé le suit d’entretien d’embauche lamentable par Skype en séminaire de mise en conformité, où il faut apprendre à sourire, à bien se tenir devant le recruteur.

Thierry galère et finit par décrocher un boulot de vigile dans un hypermarché. Il surveille les clients mais aussi le petit personnel, et se retrouve de fait dénonciateur de caissières en flagrant délit de détournement de coupons de réduction ou points ­fidélité.

Comme on a tous vu ou entendu parler de ces employées qu’on vire pour avoir mangé une mandarine ou thésaurisé 10 euros sur une foutue carte prix bisou, on sait que le film ne raconte pas n’importe quoi. Connu pour son art du mélo social aux émotions rentrées (du Bleu des villes à Quelques heures de printemps), Brizé nous a toujours paru d’autant plus indéfendable qu’il semblait se ranger derrière des fictions que personne ne pouvait oser attaquer parce qu’évidemment du côté des «petits», des gens démunis, etc., tout ce discours lénifiant sur la fragilité qu’il faut quand même bétonner en employant des vedettes, Vincent Lindon en tête, acteur fétiche du cinéaste.

Cette fois, on ne sort pas complètement de ce domaine protégé, mais le film est plus à l’os, et décrit clairement la façon dont l’époque a entièrement assimilé les procédures d’autosurveillance et d’aliénation volontaire fabriquées par le libéralisme décontracté. Le documentaire de Claudine Bories et Patrice Chagnard, les Règles du jeu, en suivait l’absurde rhétorique dans une boîte de réinsertion dans le nord de la France, où il n’était question que de «job ready» et de préparation «à l’employabilité», le tout se terminant par des boulots de merde payés en dessous du tarif syndical.

Le climat délétère et vengeur qui infuse politiquement toute la société française s’explique aussi dans ce que le film essaie de mettre en scène : cette guerre de tous contre tous organisée à bas bruit et qui se substitue aux logiques d’affrontement de classes. Vincent Lindon est très fort à cet égard pour faire oublier pendant une heure trente qu’il ne vit pas dans un mobile-home et, pour le coup, les nombreux non-professionnels qui l’entourent ne sont jamais traités comme de simples faire-valoir, même si, à l’arrivée, ordre des ­choses et loi du marché, le prix d’interprétation, c’est lui qui peut l’avoir !

En compétition
La Loi du marché

de Stéphane Brizé, avec Vincent Lindon, Yves Ory, Karine De Mirbeck… 1 h 33. Sortie ce mercredi.

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CamilleS

CamilleS 5ptsFeatured
19 Mai 2015 à 7:32

Un ratage complet. Il manque au tableau du misérabilisme du film un cancer familial ou une maladie grave. Un seul pro dans l’histoire (bon) mais pas de réalisateur.

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4 Réponses

  1. Un prix amplement mérité pour ce film , Vincent Lindon est un acteur qui habite ses roles et celui – ci particulièrement . Il était vraiment touchant lors de la remise du prix .
    Bonne journée
    Bises

    mai 26, 2015 à 15 h 57 min

  2. un métier que je ne voudrais pas exercer

    mai 21, 2015 à 0 h 18 min

  3. que de films le choix sera dur

    mai 21, 2015 à 0 h 17 min

  4. Courage…….. un coup de roulette …A++++++

    mai 20, 2015 à 17 h 06 min

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